Parfum gourmand : la tendance qui n’en finit plus de séduire

Une gousse de vanille fendue au couteau, un caramel qui commence à accrocher au fond de la casserole, l’odeur des crêpes un dimanche de pluie. On a tous ces souvenirs-là quelque part. La parfumerie s’en est emparée il y a une trentaine d’années et n’a plus jamais lâché le filon. Ce qu’on appelait à l’époque une mode passagère est devenu une famille olfactive à part entière, et franchement, on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter.

Pourquoi les notes sucrées nous font craquer

Un parfum gourmand touche quelque chose de très intime. La vanille, la fève tonka, le praliné ou le cacao réveillent la mémoire affective, celle des goûters d’enfance et des cuisines de grand-mère. Le porter sur sa peau, c’est garder ce réconfort avec soi toute la journée.

Le phénomène dépasse d’ailleurs largement les frontières françaises. Les vanilles et les accords sucrés trustent les meilleures ventes partout dans le monde, chez les vingtenaires comme chez leurs parents, et les réseaux sociaux n’ont fait qu’amplifier le mouvement ces dernières années.

Pour autant, les belles compositions gourmandes ne sont jamais de simples desserts en flacon. Une vanille peut être fumée, presque cuir. Un caramel peut être salé, un praliné traversé de patchouli. Réminiscence travaille ce registre depuis longtemps, et pas qu’un peu : son Patchouli N’Roses ou le mythique Rem ont accompagné des générations entières, bien avant que la gourmandise ne devienne le raz-de-marée qu’on connaît aujourd’hui.

Flacon de parfum gourmand posé sur une table avec vanille et fève tonka

Réminiscence, la niche sans le ticket d’entrée

Quand on dit « parfumerie de niche », on pense tout de suite aux flacons à 250 euros vendus dans trois boutiques parisiennes. Réminiscence raconte une autre histoire. La maison est née à Juan-les-Pins en 1970, dans une ambiance de bijoux artisanaux et de patchouli rapporté des voyages en Inde. Cet esprit-là n’a jamais disparu : les jus naissent d’envies créatives, pas de briefs marketing. Personne ne teste la formule sur un panel de consommateurs avant de la lancer.

Les matières premières suivent la même logique. Du beau patchouli, des absolus de vanille, des muscs travaillés. Et malgré tout ça, les prix restent raisonnables. C’est peut-être la vraie signature de la marque : prouver qu’un parfum de créateur n’a pas besoin de coûter un salaire pour exister.

Des parfums sans genre, à superposer selon l’humeur

Chez Réminiscence, il n’y a jamais eu de rayon homme et de rayon femme. C’est un des piliers de la maison depuis le début. Le patchouli va aussi bien à l’un qu’à l’autre, les ambrés circulent dans le couple, et il n’est pas rare qu’un flacon acheté pour soi finisse squatté par toute la famille.

Cette mixité prend tout son sens avec le layering, que la marque évoque d’ailleurs directement sur ses pages produits. Le principe ? Superposer deux fragrances pour créer son propre sillage. Un fond de patchouli, un voile de vanille par-dessus, et personne d’autre ne sent exactement comme vous. Certains y verront un gadget. Ceux qui ont essayé savent que c’est surtout une façon de s’approprier son parfum au lieu de porter le même que tout le monde. Et comme les jus de la maison ont été pensés pour s’accorder entre eux, on peut expérimenter sans craindre le mélange raté qui donne mal à la tête dans l’ascenseur.

Des fragrances qu’on garde des années

Il y a les parfums qu’on achète sur un coup de tête et qu’on oublie au fond du placard avant Noël. Et puis il y a les autres. Demandez autour de vous : les porteurs de Réminiscence sont souvent fidèles depuis quinze ou vingt ans. Pas par flemme de changer. Parce que ces jus ont une identité tellement marquée qu’ils finissent par faire partie de la personne. On reconnaît quelqu’un à son Rem comme on le reconnaîtrait à sa voix, dans un couloir ou dans un souvenir qui remonte des années plus tard.

La tendance gourmande produit chaque année des dizaines de lancements qui se ressemblent, des vanilles sucrées interchangeables qu’on aura oubliées l’été suivant. Les maisons qui durent sont celles qui ont autre chose à raconter. Réminiscence en fait partie, avec ses gourmands de caractère, sa liberté revendiquée et ses prix qui ne trient pas les amateurs à l’entrée. La douceur, chez eux, n’est pas un argument de vente. C’est une histoire qui dure depuis 1970.

Auteur de cet article :
Caroline

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